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Blog de Montagnes Nature & Hommes

Trek en raquettes en Lauzière

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Montée sur la Crête Maxet sous le Col de Montjoie. Un dernier effort !

Quelques mots sur ces quatre jours et quatre nuits de trek dans les Alpes, dans le massif de la Lauzière, du 9 au 13 mars 2022.

Je retrouve mon groupe qui avait déjà fait des provisions de fromage local (beaufort), à La Chambre, un peu fatigué d’une grosse journée de route mais motivé pour commencer ce trek hivernal en itinérance. J’équipe chacun-e de pelle, sonde et DVA (détecteur de victime d’avalanche) car nous évoluerons en terrain enneigé et alpin, malgré le faible risque d’avalanche ces prochains jours. Nous partons donc tous les six en voiture vers le Mollaret à Montgellafrey dans la vallée du Bugeon, Pascale, Christian, Cécile, Philippe, Sylvie et moi-même, portons de gros sacs-à-dos pour une montée au refuge du Lac de la Grande Léchère sous le coucher de soleil. Quelle chance de n’avoir eu aucune précipitations et un beau temps du début jusqu’à la fin. La vue sur les Aiguilles d’Arves et sa tête de chat a été spectaculaire. Nous avons entendu et vu aux jumelles une grive draine chantant en haut d’un épicéa. Marchant à côté d’un chalet entouré de frênes, Christian nous explique les usages de ces arbres (propriétés médicinales, source de boisson pétillante, fournisseur de bois) et la coupe en têtard. Nous terminons la randonnée en raquette à neige pour éviter de s’enfoncer dans la neige molle. Le gardien du refuge, Jean-Paul, également dessinateur de bande dessinée et maître-restaurateur, nous accueille et nous prépare un dîner fait maison et avec amour de produits locaux, composé de tapas en entrée (terrine, rillette, houmous…), d’une blanquette de veau, et en dessert d’un trianon et carrot cake. Le soir, nous ressortons pour une balade digestive nocturne au clair de la demie-lune à côté du lac, sans lampe frontale et dans un silence total. Au refuge, nous devons faire attention à la consommation d’eau car il y a en ce moment peu de débit dans la source de la mère de l’eau. La première nuit a été un peu difficile pour le groupe qui a besoin de s’acclimater. Le matin, nous profitons au petit-déjeuner d’une confiture de kiwi local et de framboise maison, et d’un caramel beurre salé maison. Miam miam !

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Les Aiguilles d’Arves, sur la montée au refuge du lac de la Grande Léchère

La deuxième journée a été la plus intense du trek. Elle s’est passée sous un ciel lumineux sans nuages et une chaleur printanière. Nous avons pris le temps d’écouter les oiseaux, notamment un roitelet triple-bandeau, une mésange noire, une mésange boréale et un casse-noix moucheté. En chemin, Christian aperçoit une patte de bouquetin sûrement laissée tombée là par un gypaète barbu. La neige était parsemée d’empreintes de lièvre variable, ce bel animal relique glaciaire qui change de couleur deux fois par an mais qui n’évolue pas aussi vite que le réchauffement climatique, et est donc menacé d’extinction dans les Alpes. La neige est devenue poudreuse dès 2000 mètres pour notre plus grand bonheur. Pour éviter les insolations, nous avons monté un camp improvisé dans la neige avec des bâtons, de la cordelette et une bâche pour avoir de l’ombre, sur une butte sous le Col de Montjoie. Avant de repartir, nous dégustons un café fait sur place avec mon réchaud et ma cafetière à l’italienne. A partir de ce moment, un couple de grands corbeaux nous suivra durant le reste du séjour, ayant détecté l’opportunité de ramasser derrière nous les miettes de nos pique-niques. Je motive le groupe à effectuer une dernière montée pour aller à la crête maxet. Un petit mal de tête survient avec l’altitude mais il est compensé par le bonheur d’être à 2121m avec un point de vue à 360°. Nous poursuivons sous le fameux Roc rouge, et faisons l’apprentissage de la technique de descente dans la neige en raquette, face à la pente. A la fin, nous randonnons sur la grande pierraille jonchée de trous. Christian doit filer en stop racheter un pantalon à la station suite à une déchirure de couture. Quant à moi, je devrai recoudre à la maison toute une fermeture éclair de sac-à-dos, que j’ai dû rabibocher avec des épingles à nourrice pour le reste du séjour. A la fin de cette journée, les genoux commencent à se faire sentir et nous décidons pour le lendemain de réduire la voilure pour conserver l’équilibre effort-plaisir. Nous sommes accueilli au Chalet 1200 au Planet par Ghislain, très chaleureusement. Ce soir-là, nous profitons d’une très bonne croziflette à volonté et on nous offre un shot de liqueur de génépi à la fin de repas. On se souviendra de cette journée !

Au troisième jour, nous retournons sur Saint-François-Longchamp, et nous nous aidons des télésièges pour nous rendre au lac blanc et au lac bleu, en mode récupération active de l’effort de la veille qui se fait physiquement bien sentir. Le lac bleu est le lieu idéal pour une méditation de cinq minutes sur le son de l’eau de fonte coulant dans le lac encore couvert de neige. De là-haut, nous avons une belle vue sur le sud de la chaîne de Belledonne (Pic du Frêne, les Grands Moulins), la vallée des Villards, le Pic de l’étendard, le Col de la madeleine et toute la randonnée effectuée la veille sous le Roc rouge. Avant de redescendre à la station, nous nous arrêtons déguster une bière de la Brasserie du Mont Blanc en terrasse d’altitude. En bas, Sylvie retrouve par hasard ses voisins de Seine-et-Marne et je prends le reste du groupe pour terminer la journée sur le sentier des pasquiers, dans la forêt et au bord du torrent, jusqu’à la station 1450m où nous sommes hébergés le soir. Encore un bon accueil chez les inversaires du restaurant le Slalom, qui nous sert un dîner de grande qualité avec beaucoup de jovialité. Le dîner était composé d’une soupe, d’un plat de diots à la crème et aux champignons avec sa polenta crémeuse et un dessert avec myrtilles. Nous dormons chez Patrick au chalet du Gône.

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Sur le sentier des Pasquiers à Saint-François-Longchamp. Ambiance de forêt de torrents.

Le dernier jour, nous avons fait le choix de ménager les genoux en nous rendant au magnifique village de Montaimont, de l’autre côté de la crête du paradis, en passant non pas par la ville du bois mais par le sentier forestier de la combe du loup. Au début, nous avons fait une halte pour observer les cheminées des fées, phénomène d’érosion rare où la roche est taillée en colonne surmontée de « chapeaux » de pierre. La descente s’est faite en douceur dans une forêt vivante, où nous avons entendu un cri de chouette hulotte et des pics verts et où nous avons aperçu des traces et indices (empreintes, crottes) de renard, sanglier, cerf et chevreuil. Des ruisseaux ponctuaient notre randonnée, que nous avons traversé grâce à des gués en pierres ou rondins de bois. La dernière montée du trek en fin de matinée a débouché sur un très bel alpage donnant vue sur Belledonne. Là, dans l’alpage de la crête ouest de Montaimont, nous avons fait la pause déjeuner précédée d’un apéritif surprise sorti du sac, constitué d’un vin rouge de Savoie et de toasts de tapenade maison à l’ail des ours. Enfin, nous sommes descendu tranquillement par les hameaux de maisons traditionnelles à colonnes ou à jambes, et les anciennes prairies regagnées par la forêt, jusqu’au chef lieu, en faisant au passage une petite méditation guidée allongée. A l’hôtel Beauséjour, nous avons été accueilli par les sympathiques gérants et avons pu déguster des ravioles au beaufort, avant de prendre un dernier verre bien mérité, et de faire un petit jeu collaboratif (« the mind »), de télépathie. Avant de partir, je renseigne mes compagnons sur mon coin cueillette d’ail des ours près de Chambéry où ils feront une halte le lendemain.

Merci pour ce très beau séjour en votre compagnie et dans nos belles montagnes de Savoie, et à la prochaine pour de nouvelles aventures de randonnée !

Anaïs

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